Le poète
triste
Le poète était triste ce matin d’hiver
En regardant danser les premiers flocons
Son antre était froide et son cœur à la misère
Quand sa plume cherchait des mots à l’abandon .
Il avait tant écrit et dessiné des mots dérisoires
Qu’il se demandait parfois s’ils étaient vraiment de lui
Des mots d’amour qu’il aurait tant aimés croire
Mais qui se diluaient dans la tristesse de ses nuits.
Et il pleurait le poète devant sa page
Les mots qu’il écrivait, entre deux sanglots
Dévoilaient sa vie et ses orages
Mettant son existence à nu sur le tableau.
Il avait froid au fond de lui, dans son corps
Malgré la chaleur que diffusait le vieux poêle
D’ailleurs que pouvait- il bien écrire encore
Sur des rêves qui s’évaporaient dans les étoiles ?
Son chat Danube semblant saisir l’instant futile
S’étirait en ronronnant sur le bord de la fenêtre
Puis indifférent, comme si chaque geste était inutile
S’endormait sans même un regard sur son maître.
Il ferma alors son doux regard le poète
Sur des mots qu’il aurait aimés vivre
Rêvant encore à l’impossible que l’on souhaite
Quand tout s’en va et qu’il faut survivre.
Il écrivit un poème de pleurs et de rires mélangés
A toutes celles qu’il aurait aimé dire ‘je t’aime’
Puis comme s’il avait peur de déranger
Sur la pointe des pieds partit dans le matin blême.
Roland 03/11/2004